OTTAWA – À travail égal, salaire égal. C’est un droit fondamental qui ne devrait pas être rouvert aux négociations, a dit le chef libéral Michael Ignatieff aujourd’hui, jour des premiers débats sur son projet de loi.
« Les conservateurs de Stephen Harper se sont clairement servi du budget de 2009 pour imposer leur opposition idéologique à l’équité salariale des Canadiennes », a dit M. Ignatieff.
« Les conservateurs ont fait de ce qui est un droit fondamental inscrit dans la Charte canadienne des droits et libertés un enjeu à la table des négociations. Ce projet de loi annulera les changements qu’ils ont apportés et considérera l’équité salariale comme un droit de la personne, ce qu’elle est, d’ailleurs. »
M. Ignatieff a prononcé ce discours lors des premiers débats à la Chambre des communes sur le projet de loi C-471, qu’il a déposé pour abroger les mesures du budget conservateur qui ont effectivement fait de l’équité salariale un enjeu de négociations syndicales pour les employés de la fonction publique fédérale, du secteur privé régi par les lois fédérales et des sociétés d’État. Ces mesures ont aussi enlevé à la Commission canadienne des droits de la personne son pouvoir d’examiner les plaintes.
« Le gouvernement a fait en sorte que l’équité salariale soit désormais un enjeu des négociations collectives, sans prendre en compte le fait qu’il s’agit d’abord et avant tout d’une question de droits fondamentaux de la personne et d’égalité entre les sexes », a-t-il continué.
Le projet de loi demande au gouvernement de mettre en oeuvre les recommandations du groupe de travail fédéral sur l’équité salariale de 2004, et cela dans des délais stricts pour que le changement se concrétise. Il propose aussi une nouvelle Commission de l’équité salariale fédérale pour examiner les plaintes.
« Tout le monde était d’accord pour dire qu’il fallait refondre entièrement le régime d’équité salariale. C’est pourquoi le gouvernement libéral a créé ce groupe de travail en 2001 pour qu’il consulte un grand nombre de personnes et fasse des recommandations éclairées sur les meilleurs moyens de le réformer.
« Au lieu de consulter ces recommandations, ce gouvernement a décidé d’apporter des changements qui cadraient bien avec sa vision étroite des femmes, une vision qui revient à une attaque contre l’égalité et la sécurité économique des femmes », a affirmé M. Ignatieff.
Lors de la conférence de presse, M. Ignatieff était accompagné des membres du caucus féminin libéral tels que la présidente, Maria Minna, et la députée de LaSalle-Émard, Lise Zarac. Il y avait aussi des représentants de la Fédération canadienne des femmes diplômées des universités et de l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC), qui ont ainsi montré leur appui public du projet de loi.
« Le caucus féminin libéral soutient ce projet de loi à chaque étape, et nous sommes très heureuses de constater qu’il prend en compte la recommandation faite dans notre Livre rose d’annuler les mesures conservatrices qui minent l’égalité des sexes », a dit Mme Minna.
Mme Zarac a dit que tous s’entendaient pour dire qu’il fallait réformer le système fédéral d’équité salariale, « mais ce qu’ont fait les conservateurs est impardonnable. L’enjeu de l’équité salariale est vraiment au coeur de l’égalité entre les sexes, et j’espère que tous les députés appuieront ce projet de loi. »
La porte-parole libérale responsable de la condition féminine, Anita Neville, a remarqué que sous le gouvernement Harper, le fossé entre les sexes s’élargissait.
« Nous sommes maintenant au 25e rang mondial en termes de participation des femmes à la vie économique et politique, a-t-elle ajouté. C’est le résultat de la destruction systématique des droits de la femme et de l’égalité entre les sexes de la part du gouvernement conservateur, qui continue à traiter les femmes de ‘groupe marginal de gauche’.
« Il nous faut agir dès maintenant afin d’inverser cette tendance et de nous assurer que les femmes de la fonction publique reçoivent toujours le même salaire que leurs homologues masculins pour un travail d’une valeur égale. J’encourage tous les députés à appuyer ce projet de loi et le gouvernement à l’adopter », a-t-elle conclu.